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Dictionnaire tendance avec tous les mots qui forgent la puissance de nos médias et l'impuissance de nos politiciens. Pour se défendre des idées reçues et du politiquement correct.

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INTERVIEW

1. Entretien où un médiaticien interroge une personne sur tout ou n’importe quoi. La déontologie voudrait que l’interviewé soit représentatif d’un sujet et que l’intervieweur comprenne les questions qu’il pose et respecte les réponses censées être significatives. Hélas, sauf exception, l’interview est un combat où l’intervieweur coupe, tranche, harcèle un invité penaud s’excusant d’en savoir trop. Les trucs et astuces du médiaticien pour gagner sont nombreux. Si l’interviewé est un politicien, le scoop avec mise à mort est l’objectif suprême. Il est fréquent que le médiaticien fasse la question et la réponse pour prouver qu’il connaît mieux le sujet que son invité. Dans tous les cas, il n’écoute pas la réponse. Quand l’interviewé est peu connu, voire monsieur-tout-le-monde, il n’est là qu’en tant qu’alibi et faire-valoir du médiaticien. Notez enfin que si l’intervieweur dit « Nous », c’est soit le pluriel de majesté (ben voyons !) soit l’expression collective des français dont il est le représentant et porte-parole. Citations. [1] Quand vous vous rasez le matin, est-ce qu’il vous arrive de penser à l’élection présidentielle ? (question culte d’Alain Duhamel à Nicolas Sarkozy, fréquemment reprise avec des variantes lorsque l’interviewé est une femme). [2] Pas simplement quand je me rase (réponse de Nicolas Sarkozy).

2. INTERVIEW À LA ARLETTE CHABOT. Débat sur l'euthanasie active. 
Présente sur ce plateau, K. Exemplaire qui a abrégé les souffrances de sa mère en fin de vie, en l'étouffant dans son sommeil. Condamnée par la justice pour euthanasie, K. Exemplaire fait aujourd'hui son deuil en écrivant un livre « J'ai tué ma maman » dont les droits d'auteurs iront à l'association « Délivrons nos parents » qu'elle a créée. 
- Il faut du courage pour décider d'un tel acte. Alors, comment avez-vous ressenti l'acharnement de la justice contre vous ? 
- Oui, c'était de l'acharnement. Je l'ai très mal vécu, d'autant que j'ai toujours pensé n'avoir fait que mon devoir. 
- Dans un récent sondage, 70% des français jugent l'euthanasie excusable. Cela vous aide à faire votre deuil ? 
- C'est bon de se sentir soutenue, mais c'est surtout de ce livre que j'attends une libération. 
- Libération, le mot est fort. Vous rencontrez beaucoup de cas identiques dans votre association. Est-ce qu'on n'est pas là devant un phénomène de société ?...

3. INTERVIEW À LA ÉVELYNE THOMAS. J'ai commis un acte fou.
Incapable de supporter la souffrance de sa mère condamnée, C. Tonchoi l'a, disons, étouffée dans son sommeil. Condamnée avec sursis, C. Tonchoi vient d'écrire un livre qui sort ces jours-ci « J'ai tué ma maman » et dont les droits iront à son association « Délivrons nos parents ». Tout ça, nos spectateurs ne le savent pas et ils vont le découvrir avec vous. 
- C. Tonchoi, vous avez demandé à ne pas apparaître à visage découvert dans cette émission et c'est pourquoi nous ne verrons que votre silhouette. Comment l'acte incroyable que vous avez commis (non, ne dites pas encore de quoi il s'agit) vous est-il venu à l'idée ? 
- A vrai dire, je n'ai pas beaucoup réfléchi. Pour moi c'était un acte d'amour que je me devais de faire. 
- Sans doute, mais vous aviez quand même plusieurs, disons options, pour passer à l'acte ? 
- Je voulais que ma maman ne souffre pas, ne souffre plus. Et ce que j'ai fait m'a semblé la façon la plus douce d'agir. 
- Alors, peut-être avez-vous deviné l'acte fou de C. Tonchoi. Oui ? Non ? Eh bien, elle a purement et simplement étouffé sa mère malade. Dites-nous comment C. Tonchoi et pourquoi avec un coussin...

4. INTERVIEW À LA JEAN-LUC DELARUE. Comment vivre quand on  tué un parent ?
Pour répondre aux prières de sa mère condamnée, K. Douloureux l'a étouffée dans son sommeil. Traînée en justice et condamnée avec sursis, K. Douloureux s'est lancée dans l'écriture. Les droits d'auteur de « J'ai tué ma maman » - c'est le titre de votre livre -  iront à l'association « Délivrons nos parents » que vous avez créée. 
- Vous souriez K. Douloureux. Qu'est-ce qui vous fait sourire ? Ah c'est le p'tit bout'dchou qui est a vos côtés. Quel âge a-t-il ? 
- Deux ans. 
- C'est à vous ? Et oui, la vie continue ! K. Douloureux vous avez trente ans aujourd?hui. Vous aviez vingt-cinq ans lors des événements. Comment une jeune femme de vingt-cinq ans peut-elle en arriver à un tel geste ? 
- Je crois que l'âge importe peu. J'étais comme possédée par une idée fixe : soulager ma maman qui souffrait le martyre. 
- Et vous l'avez fait, seule, en toute conscience, comme va nous le montrer le reportage qui vous est consacré...

5. INTERVIEW À LA LAURENT RUQUIER. L'invité de l'actualité.
Notre prochaine invitée C. Rigolo a étouffé sa mère dans son sommeil parce qu'elle ne pouvait plus supporter ses souffrances. Condamnée par la justice, C. Rigolo vient de publier « J'ai tué ma maman » un livre qu'elle nous présente aujourd'hui. 
- Nous sommes très heureux de vous recevoir, C. Rigolo, et pourtant votre actualité n'est pas drôle. Tout est dit dans le titre de votre livre. Steevy, vous l'avez lu ? 
- Oui et j'ai beaucoup appris sur l'euthanasie en le lisant. J'avais entendu parler mais là c'est du réel, on s'y croirait. J'ai beaucoup aimé. 
- Merci, je prends ça comme un compliment. 
- Claude Sarraute, vous en avez pensé quoi ? 
- Écoute, j'ai adoré ton livre. C'est bien écrit, c'est humain, je ne me suis pas ennuyée une seconde. Je vais te dire, j'aurais aimé être ta maman. 
- C'est gentil. Moi aussi. 
- Et vous Christophe ? 
- J'aurais bien voulu contredire mes camarades, mais c'est impossible, on ne peut qu'aimer votre livre. Il se lit comme un polar. Si je peux me permettre quand même un petit reproche : le titre, vous dévoilez la fin bien trop tôt (rire général)...

6. INTERVIEW À LA MARC-OLIVIER FOGIEL. Le crime de la semaine.
Ne pouvant plus supporter sa mère malade, T. Coupable l'a froidement étouffée dans son sommeil. Condamnée à la prison, T. Coupable vient d'écrire un livre qui sort ces jours-ci « J'ai tué ma maman » dont les droits d'auteurs enrichiront l'association « Délivrons nos parents » dont elle est fondatrice, présidente et membre. 
- T. Coupable, bonsoir. On vous voit beaucoup en ce moment sur les plateaux de télé pour la promo de votre livre. Est-ce que ce n'est pas un peu indécent de profiter ainsi de votre crime ?

-
Je ne...
- Si, et vous le dites vous-même page 64 de votre livre « si l'écriture pouvait à la fois me libérer et m'enrichir ». 
- Je n'ai pas... 
- Étouffer sa mère, même si elle est un peu encombrante avec sa maladie, je vous l'accorde, ce doit être terrible. 
- Quand je...
- Vous avez déclaré dans la presse « j'ai toujours admiré les militaires et leur sens du devoir ». Quand on sait que le métier d'un soldat est de tuer, on imagine mal que vous n'ayez pas agi par préméditation. 
- Je n'ai jamais dit... 
- Vous l'avez dit, c'est marqué sur mes fiches. On l'a bien compris, vous niez votre crime, mais la justice, elle, n'a pas été de cet avis puisqu'elle vous a lourdement condamnée.

7. INTERVIEW À LA MICHEL DRUCKER. L
es rendez-vous du quotidien.
Elle ne pouvait plus supporter le martyre de sa mère atteinte d'une longue maladie incurable, alors T. Formidable a décidé d'abréger ses souffrances et l'a étouffée dans son sommeil. Elle n'a pas souffert. Condamnée avec sursis, T. Formidable vient de publier un livre émouvant « J'ai tué ma maman » dont les droits d'auteurs iront à l'association caritative qu'elle a créé. 
- T. Formidable, merci de prendre le temps de nous recevoir alors que je vous sais très occupée par votre association dont l'adresse et le numéro de CCP apparaissent au bas de l'écran. La première question que j'ai envie de vous poser est : comment allez-vous ? 
- Bien, je vais mieux après toutes ces épreuves. 
- Des épreuves terribles. En préparant cette émission, vous m'avez montré l'album-souvenir de votre maman avec des photos très émouvantes. Vous y pensez souvent ? 
- Tous les jours. 
- Il y a quelqu'un qui vous connaît bien, qui me disait en parlant de vous : quel courage ! Il vous a soutenu, j'imagine, votre époux, puisque c'est de lui qu'il s'agit ?...

8. INTERVIEW À LA MIREILLE DUMAS. Peut-on tuer par amour ? 
Ne pouvant plus supporter le calvaire de sa mère incurable, K. Témoin a abrégé ses souffrances en l'étouffant dans son sommeil. Après sa condamnation à la prison avec sursis, K. Témoin s'est lancée dans l'écriture. Son très beau livre « J'ai tué ma maman » est une véritable thérapie. 
- Vous avez demandé à ce qu'on ne révèle pas votre prénom, ce que je comprends tout à fait. Alors K., maintenant que vous avez pris un peu de recul, comment revivez-vous ces instants douloureux ? 
- J'ai encore du mal à retrouver mon équilibre. 
- Sans doute faut-il attendre que votre équilibre vous retrouve et ce livre est fait pour ça, non ? 
- Oui, tout à fait. 
- Et est-ce qu'aujourd?hui, après avoir rendu compte à la société, vous vous sentez encore coupable ?...

9. INTERVIEW À LA THIERRY ARDISSON.
Interview Maman-Bobo.
Elle
ne pouvait plus supporter les atroces souffrances de sa mère atteinte d'un cancer, alors, O. Toncu l'a étouffée dans son sommeil, avec un coussin. Condamnée à un an de prison avec sursis, elle publie un livre « J'ai tué ma maman » dont elle espère bien tirer beaucoup de droits d'auteurs. Voici l'interview maman bobo de O. Toncu. 
-
O. Toncu, est-ce qu'en faisant l'amour, vous criez maman ? 
- Euh, non. 
- O. est-ce que vous êtes une maman poule ? 
- Il paraît. 
- O. vous allongez-vous sur un canapé pour parler de votre maman à votre psy ? 
- Non.
- (Laurent Baffie): Non, mais elle pique les coussins. Ah ! Ah ! Ah ! 
- O. connaissez-vous les paroles de « maman la plus belle du monde » ?
- Euh, non ? ?
- Et de « allô maman bobo » ? 
- Non plus.
- O. est-ce qu'on est clitoridienne ou vaginale de mère en fille ? 
- Je ne sais pas. 
- C'était O. Toncu pour son livre « J'ai tué ma maman ». Et maintenant O, regardez la caméra et dites : magnéto Serge.

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