Dictionnaire tendance avec tous les mots qui forgent la puissance de nos médias et l'impuissance de nos politiciens. Pour se défendre des idées reçues et du politiquement correct.
Par Nick LEPAF
1. Avant de signer votre contrat de travail, lisez attentivement les trois clauses les plus importantes : les stocks-options (pour vous constituer un matelas de pognon), le parachute doré (pour atterrir dans un champ de lingots en cas d’éjection du poste de pilotage) et la retraite-chapeau (en activité, vous narguiez les smicards, à la retraite vous pourrez continuer à narguer les pensionnés par répartition). Ceci ne vous concerne que si vous devenez PDG d’une multinationale. Si vous êtes cadres, allez directement aux clauses rémunération et primes, appartement et voiture de fonction, autres avantages en nature. Si vous êtes employé ou ouvrier, lisez attentivement la 67ème édition du code du travail (2 720 pages, plus de 600 articles modifiés, 7 000 arrêts de jurisprudence). Vous avez de fortes chances pour qu’il ne soit plus d’actualité lorsque vous aurez terminé. Votre embauche non plus d’ailleurs.
2. CDI. Contrat à Durée Indéterminée. Comment en est-on arrivé à ce que le mot indéterminé, qui signifie non précisé, prenne dans l’imaginaire des français le sens de infini ? Heureusement, la main invisible du marché de l’emploi a rétabli l’ordre des choses en faisant que les CDI ont de moins en moins une durée illimitée.
3. CDD. Contrat à Durée Déterminée, strictement encadré par un début (là tout le monde est d’accord) et une fin (là les syndicats crient au scandale).
4. INTERIM. Contrat de travail temporaire dont le début et la fin sont strictement aléatoires.
5. CONTRAT INTERMITTENT. Un jour tu travailles, un jour tu travailles pas.
6. CONTRAT A TEMPS PARTIEL. La polémique est de savoir si le temps est choisi par le salarié (pour son plus grand bonheur dixit le patronat) ou subi (pour le plus grand intérêt de l’entreprise dixit les syndicats).
7. CONTRATS JEUNES (contrat d'apprentissage, de qualification, d'adaptation, d'orientation, contrat emploi jeune, contrat d'insertion dans la vie sociale, etc.). Attention, avec l’allongement de la durée de vie on reste jeune très longtemps.
8. CIE. Contrat Initiative Emploi, sans savoir exactement s’il est réservé à ceux qui prennent l’initiative d’un emploi ou aux emplois qui demandent des initiatives.
9. CES. Contrat Emploi Solidarité, pour s’insérer solidairement dans une collectivité territoriale ou autre personne morale de droit public.
10. CEC. Contrat Emploi Consolidé, réservé aux emplois si boiteux qu’ils nécessitent une béquille.
11. CNE. Contrat Nouvelle Embauche, CDI pour TPE où la période d’essai est portée à deux ans. Pendant cette période de consolidation, vous pouvez être remercié sans raison, sans un mot, sans même un merci et avec de toutes petites indemnités.
12. CPE. Contrat Premier Emploi, CDI avec période d’essai de 2 ans. Permet de donner un statut à la précarité des jeunes ou de la précarité au statut de jeune. Au choix.
13. CDE. Contrat Dernier Emploi. Tiens je connais pas. Bon sang mais bien sûr, c’est celui qui va remplacer la retraite, vous savez cette forme d’in-activité devenue obsolète. C’est un CDI à période d’essai illimitée tant tout devient précaire en fin de vie.
14. CONTRAT UNIQUE. Devant un tel maquis de contrats de travail, on ne s’étonnera pas que les politiciens libéraux rêvent en secret au contrat unique. Il faudra de l’audace, car précariser le travail ne suffit plus aujourd’hui pour redonner à notre industrie un avantage concurrentiel décisif dans une économie mondialisée à tout-va. C’est un CAA qu’il nous faut, un contrat Chair-À-Action à durée liée au cours de l’action de l’entreprise, un contrat qui reconnaisse enfin que c’est le salarié qui doit nourrir l’actionnaire et non l’inverse. Sinon, je vous le dis, on va droit dans le mur.
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