Dictionnaire tendance avec tous les mots qui forgent la puissance de nos médias et l'impuissance de nos politiciens. Pour se défendre des idées reçues et du politiquement correct.
Par Nick LEPAF
1. (Médical, Politique et Médiatique) Maladie virale proche de la grippe (aussi appelée peste aviaire) due à une variante du virus Influenza A, principalement la souche H5N1, qui infecte les oiseaux sauvages et domestiques. Elle est transmissible entre volatiles et plus rarement à des mammifères, mais difficilement transmissible à l'homme.
En 2003, les premiers foyers de grippe aviaire dus au virus H5N1 apparaissent en Asie du Sud-Est, En 2004, les foyers perdurent et s'étendent, et des personnes sont contaminées par des volailles infectées (23 décès). En 2005, la diffusion géographique devient beaucoup plus importante, gagnant les portes de l'Europe. Lorsque les experts sanitaires affirmèrent qu'un jour ou l'autre le virus muterait et se transmettrait d'homme à homme, et qu'en conséquence une pandémie de grippe humaine d'origine aviaire était inévitable, un fantôme plana au dessus des cranes tricolores de nos politiciens : le souvenir de la grippe espagnole due à une souche H1N1 (mon Dieu ! mais à un chiffre près c'est presque le H5N1) qui fit, durant l'hiver 1918-1919, 50 à 100 millions de morts dont plus de 400.000 en France.
Immédiatement, Monsieur Principe de Précaution fronça les sourcils, le gouvernement paniqua, les laboratoires pharmaceutiques se frottèrent les mains et les médias, pédagogues de l'audimat, amplifièrent et déformèrent les choses jusqu'à semer l'épouvante dans le cœur de chaque français. La peste était à nos portes. À suivre.
Citations. Drame en Irak : grippe aviaire, 2 morts.
2. (Futurible) Lors de la première alerte en 2005, 50 millions de masques de haute protection (norme FFP2) ont été distribués aux hôpitaux, 14 millions de traitements antiviraux furent stockés dans des endroits tenus secrets, les ordres de mobilisation étaient prêts pour réquisitionner tout ce qui avait deux jambes afin de soigner des millions de malades chez eux.
Par application du principe de précaution médiatisé, personne ne voulait plus manger du poulet (des milliers de volailles furent mises en examen puis abattues), ni nourrir son canari (des milliers de morts encagés !), ni embaucher un chômeur venant de la filière aviaire (soupçonné d'avoir pu accidentellement être entré en contact avec un volatile qui aurait pu éventuellement se rouler dans la fiente d'un oiseau migrateur qui aurait pu malencontreusement passé près de la volière où le dit volatile était confiné). Mais rien ne vint.
Échaudés par cette alerte qui menaça notre économie, les politiciens de la France d'en haut réunirent à Matignon les médiaticiens faiseurs d'opinion de la France d'en bas, et leur tinrent ce langage : vous rendez-vous compte qu'avec le tapage que vous faites, vous risquez de rendre économiquement exsangue la filière agroalimentaire de notre belle France ? N'y-aurait-il donc pas de patriotisme économique médiatique ? Les médiaticiens baissèrent les yeux en retenant un sourire : notre patriotisme à nous, il s'appelle audience & tirage, Ducon. Voulez-vous que nous revoyions vos subventions à la baisse ? rajouta le plus en haut des ministres. Silence. Alors arrêtez vos conneries. Ils comprirent immédiatement qu'on ne rigolait plus.
Effectivement, l'année 2006 fut d'un calme médiatique olympien et le virus pu poursuivre tranquillement et discrètement son bonhomme de chemin à l'abri des regards indiscrets. Mais les préparatifs de guerre sanitaire continuaient au ministère de la santé : 148 millions de masques de protection supplémentaires étaient commandés avec pour objectif d'emmagasiner 300 à 400 millions de masques FFP2 pour la seule année 2007, 500 millions de masques anti-projection destinés à l'entourage des patients étaient réservés portant à plus d'un milliard le nombre d'unités disponibles fin 2006, 19 millions de doses antivirales supplémentaires étaient réservées auprès des laboratoires pharmaceutiques (10 millions de Tamiflu et 9 millions de Relenza, antiviraux dont on ignorait l'efficacité d'autant qu'on ne connaissait pas encore la souche virale qui sera responsable de la pandémie).
Quand un médiaticien naïf interrogeait son chef, il recevait invariablement la même réponse : occupe-toi plutôt des banlieues qui brûlent, l'an prochain c'est les présidentielles. Effectivement l'année 2007, envahie par les polémiques et petites phrases des politiciens en folie, laissa le virus H5N1 poursuivre sa tâche sans esbroufe médiatique.
Le gouvernement, qui avait dépensé tant d'argent et s'attendait à un retour sur investissement plus rapide, s'impatientait de ne pas voir arriver l'hécatombe annoncée ; il soupçonnait même les laboratoires pharmaceutiques d'avoir monté cette affaire de toutes pièces pour se faire du beurre.
En 2008, selon l'OMS, le nombre officiel de victimes humaines du H5N1 s'élevait à 221 personnes sur 353 contaminés, 60 pays (selon l'InVS) avaient été infectés dont 13 en Europe. On estimait à 220 millions le nombre de volailles mortes ou abattues depuis 2004. Sans bruit l'épizootie devenait une panzootie, mais c'était la routine.
En 2011 tout était sur le point d'être oublié lorsqu'une immigrée malienne tomba malade et mourut, dans un village français : c'était le virus H5N1 qui avait muté ! Immédiatement, les masques étaient distribués et tous les français et françaises furent bourrés de Tamiflu, périmé et totalement inefficace pour ce nouveau virus. Puis le calme sanitaire régna jusqu'au printemps 2012 où la grippe aviaire fit deux nouvelles victimes, une femme française d'origine africaine et sa fille. Le virus était revenu et il avait encore muté. Les virologues eurent alors la certitude que cette fois, il pouvait se transmettre d'humain à humain, et plus précisément de femme à femme, car curieusement les hommes étaient immunisés. Immédiatement, au nom de la parité, les chiennes de garde manifestèrent devant le ministère de la santé qui faisait profil bas car il n'avait jamais imaginé un tel scénario.
Dans le plus grand cafouillage, des camps d'internement de femmes contaminées furent ouverts partout sur le territoire et certains affirment même qu'il y eut quelques abattages. Heureusement, un épidémiologiste américain, futur prix Nobel, découvrit que seules les femmes noires pouvaient être contaminées. Ce fut un grand soulagement, dans les ministères, à l'Élysée-Matignon, dans les familles et partout dans le monde, sauf en Afrique.
Le calme revint et on fit les comptes nationaux : 1.245 malades dont 68 morts en France (sans compter les abattages féminins non recensés), 27 millions de volatiles éradiqués, 320 dépôts de bilan d'entreprises et 24.500 employés au chômage (dont 23 suicides) dans la filière avicole.
On n'entendit plus parler de grippe jusqu'à l'automne 2016 où la catastrophe tant redoutée survint et fit 230 millions de morts dans le monde dont plus de 900.000 en France. C'est alors que les virologues identifièrent qu'il ne s'agissait pas d'une nouvelle mutation du H5N1, mais d'un nouveau virus extrêmement virulent et résistant, celui de la grippe pisciaire. Et tout ce qu'on avait vécu avec les volailles recommença avec les poissons, mais c'était trop tard.
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