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Dictionnaire tendance avec tous les mots qui forgent la puissance de nos médias et l'impuissance de nos politiciens. Pour se défendre des idées reçues et du politiquement correct.

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17.05.2009 - Le billet (30) d'une riche dans la crise : Les accrédités du festival


N'imaginez pas qu'il suffise à une riche de débarquer à Cannes pour que toutes les portes du Festival s'ouvrent devant elle. Que nenni ! Il y a de la concurrence. Pendant le Festival, la population cannoise est divisée en deux : les accrédités et les autres. Un accrédité porte autour du cou un long ruban au bout duquel pend un badge. Il en existe des tas, depuis celui pour entrer dans l'espace commercial - car Cannes is business, si, si - jusqu'au sésame qui donne accès à la grande salle du Palais. En réalité, dans la rue, personne ne vient déchiffrer le badge qui bringuebale sur votre nombril et l'important est que l'on croit que vous faites partie  de l'élite de ceux qui « font le festival ». Il a suffi que j'accroche ma carte Visa à un ruban et Marie-Constance sa carte Vital pour qu'immédiatement nous devenions des initiés considérés. Ça c'est la première étape.
La seconde est de dénicher un vrai accrédité, bien placé, qui vous ouvrira les portes verrouillées du festival et des soirées très privées, car vous imaginez bien qu'une carte Vital ne suffit pas pour serrer dans ses bras Isabelle Huppert comme une amie d'enfance. Vers midi, les rues autour du Palais grouillent d'accrédités à la recherche d'un bistrot, d'un brunch club où ils engloutiront un morceau sur le pouce, car l'accrédité est toujours pressé. Lequel choisir ?
Nous avons sélectionné un accrédité « critique de ciné », très facile à reconnaître avec son sac à dos usé porté très lâche, un tee-shirt ringard, un portable à l'oreille pour tout savoir sur les heures et lieux des prochaines projections, et un grand cahier à spirale dont il noircit sans arrêt les pages à petits carreaux. Le notre était journaliste à Télérama -  un croisement entre Jean-Luc Godard et le professeur Tournesol - et s'appelait Léopold. Nul besoin d'être cinéphile pour l'appâter, un simple mot suffit à le lancer pendant des heures sur la marchandisation de l'Art, la loi Hadopi, la carrière des frères Dardenne, et je vous en passe. Bref, nous avons sympathisé et grâce à lui, Cannes nous a pris dans ses bras.
Je ne vous ferai pas croire que nous avons monté les marches, non, mais nous étions des invités si privilégiés que nous pouvions toucher les people foulant le tapis rouge. Le problème, c'est que je ne reconnaissais quasiment aucune des stars qui déclenchaient les crépitements des flashs et les applaudissements de la foule, exceptés Charles Aznavour et Sophie Marceau. Il faut impérativement que je revisite mon face-book du cinéma international.
Vous allez me dire que tout cela à un coût. C'est mal connaître la mentalité de ces critiques, grands enfants intellos qui hantent les salles de projection. Nous en avons été d'un verre au Carlton, et c'est tout. Marie-Constance et moi avons pris la consommation la moins chère - un verre de rosé de Provence à 8 euros - et Léopold un Johnnie Walker Red Label à 18 euros. J'ai ramené la note pour que Charles-Henri la fasse passer dans les notes de frais de la société.

Le Billet d'Anne-Sophie.

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S
Ah que cette crise est contrariante. Certes il y a les aspects ludiques que vous évoquiez, comme faire du camping et se sentir d'un coup si proche du peuple, mais être contraint de choisir la consommation la moins chère, quel agacement cela doit être...
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N
<br /> Dans le mille! Non seulement c'est agaçant, mais à la limite humiliant.<br /> <br /> <br />
P
34 euros et des plumes! Et il est où, et il est où et il est où Be-san-ce-not? Lala-lala-lala ...
Répondre
N
<br /> Je crois qu'il était à Molex ou quelque chose comme ça. En tout cas, je ne l'ai pas vu sur les marches pourtant le tapis était rouge, je peux l'assurer.<br /> <br /> <br />