Dictionnaire tendance avec tous les mots qui forgent la puissance de nos médias et l'impuissance de nos politiciens. Pour se défendre des idées reçues et du politiquement correct.
Par Nick LEPAF
1. Donne le droit de parler au nom de ceux qu’on représente. Très rare aujourd’hui dans notre pays si démocratique. Les médiaticiens trépignent : il y a une crise de la représentativité en France. Les politiciens opinent du bonnet. Cachée en embuscade, la démocratie participative pointe son nez, poussée par des politiciens en quête de peopolisation et des médiaticiens avides de peoples.
2. (Politique) La démocratie représentative, c’est ce qui donne la légitimité à 521 000 élus qui ne respectent pas leurs programmes, d’agir par délégation d’une toute petite partie du peuple. Qu’avez-vous retenu des dernières élections législatives de 2002 ? Qu’elles furent gagnées haut la main par l’UMP qui est désormais majoritaire en France. Mais l’important est ailleurs. Écarquillez bien vos yeux : les 577 députés, démocratiquement élus, qui siègent à l’assemblée nationale représentent 51% des inscrits. Et, si on continue à appuyer où ça fait mal, 90% des députés (socialistes et majorité présidentielle) représentent 36% des inscrits. La France est bien coupée en deux, non pas entre gauche et droite mais entre représentés et exclus du débat dit démocratique. Citation. Sur mes cahiers d’écolier, sur les bulletins blancs ou nuls, sur le sable des promesses, j’écris ton nom démocratie ! Excuse moi Paul (Léotard).
3. (Social) Dans le secteur privé, les organisations syndicales de salariés les plus représentatives sont seules à pouvoir conclure une convention ou un accord collectif de travail, constituer une section syndicale au sein de l’entreprise et désigner des délégués syndicaux, établir des listes de candidatures pour le premier tour des élections des délégués du personnel et membres du CE. La représentativité d’un syndicat résulte, d’après le code du travail, de cinq critères (effectifs, indépendance, cotisations, ancienneté et… attitude patriotique pendant l’occupation) auxquels la jurisprudence a ajouté l’activité du syndicat en terme d’ampleur (mesurée par les résultats des élections prud’homales) et sa capacité à mobiliser les salariés (nombre de jours de grèves par an). En fait, un petit club fermé de cinq organisations syndicales, représentatives de droit au niveau national, a été institué par arrêté du 31 mars 1966 (bientôt le quarantième anniversaire) complétant une décision du 8 avril 1945 (60 ans déjà, l’age de la retraite) : CGT (700 000 adhérents ?), FO (300 000 ?), CFDT (873 000 ?), CFTC (130 000 ?), CGC (125 000 ?). Le taux de syndicalisation des salariés en France oscille entre 7 et 8%. Le syndicat SUD (60 000 adhérents ?) qui s’est fait tout seul, contre vents et marées, a aussi peu de chances de triompher du monopole des grands qu’une secte nouvelle de prendre des parts de marché à l’église catholique. Pas de doute que l’application du principe de la concurrence libre et non faussée ferait du bien. Et les syndicats patronaux ? Il y a en France 2 498 000 entreprises (dont 51,3% n’ont aucun salarié, 41,2% entre 1 et 9 et 7,5% plus de 10). Le MEDEF (700 000 adhérents ? dont 70% de PME de moins de 50 salariés ?) est la principale organisation. Son poids politique et économique, son lobbying et son influence sur la vie de la nation n’ont pas de rapport avec sa représentativité. Le copinage entre adhérents et ministres issus des mêmes promos de l’ENA facilite bien les choses.
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