Dictionnaire tendance avec tous les mots qui forgent la puissance de nos médias et l'impuissance de nos politiciens. Pour se défendre des idées reçues et du politiquement correct.
Par Nick LEPAF
Sentiment de déshonneur demandant humilité et modestie de la part de celui qui l’exprime, donc inconnu des médiaticiens et des politiciens. Après l’échec du Conseil européen du 17 juin 2005 pour des histoires de gros sous et d’égoïsmes nationaux, ça faisait chaud au cœur d’entendre Jean-Claude Juncker, premier ministre luxembourgeois et président de l’UE, déclarer : J'ai eu honte lorsque j'ai entendu l'un après l'autre tous les nouveaux pays membres, tous plus pauvres les uns que les autres, dire que dans l'intérêt d'un accord ils seraient prêts à renoncer à une partie de leurs exigences financières ; j’ai eu honte. Moi aussi j’ai honte de nos égoïsmes, lorsque nous ripaillons avec une pensée émue pour la misère du monde, quand nous pourfendons les délocalisations qui risquent d’enrichir un peu, un tout petit peu, des pays qui sont à des années-lumières de nos vies d’enfants gâtés, quand il faut des mois de tergiversations et de discussions à la donnant-donnant et à la tire-moi les marrons du feu pour annuler la dette des pays pauvres, quand 500 000 malades du sida sur le continent africain ont accès aux traitements antirétroviraux sur les 4,7 millions qui en auraient besoin… J’ai honte quand la télévision montre la destruction massive de 29 000 contrefaçons saisies par la douane sous les yeux d’un ministre réjoui par cette violence et les regards envieux de téléspectateurs pauvres qui ne connaissent les originaux que derrière les remparts des vitrines. Leur distribuer aurait été un crime contre l’économie (en 2004, la douane a saisi 3,4 millions de contrefaçons qui auraient fait 3,4 millions de petits bonheurs). J’ai honte quand je reste scotché et prends plaisir devant des émissions malfaisantes à la Fogiel (On ne peut pas plaire à tout le monde) ou à la Schneidermann (Arrêt sur image), des jeux débiles, de la télé-réalité à deux sous, des abus de confiance médiatique à la Courbet, j’ai honte. Il y a tellement de hontes. La pire est notre propre incapacité à agir, ici et maintenant, pour échapper aux systèmes qui nous emprisonnent et font de chacun de nous le pire des hontoïdes.
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