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Dictionnaire tendance avec tous les mots qui forgent la puissance de nos médias et l'impuissance de nos politiciens. Pour se défendre des idées reçues et du politiquement correct.

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HONTE

Sentiment de déshonneur demandant humilité et modestie de la part de celui qui l’exprime, donc inconnu des médiaticiens et des politiciens. Après l’échec du Conseil européen du 17 juin 2005 pour des histoires de gros sous et d’égoïsmes nationaux, ça faisait chaud au cœur d’entendre Jean-Claude Juncker, premier ministre luxembourgeois et président de l’UE, déclarer : J'ai eu honte lorsque j'ai entendu l'un après l'autre tous les nouveaux pays membres, tous plus pauvres les uns que les autres, dire que dans l'intérêt d'un accord ils seraient prêts à renoncer à une partie de leurs exigences financières ; j’ai eu honte. Moi aussi j’ai honte de nos égoïsmes, lorsque nous ripaillons avec une pensée émue pour la misère du monde, quand nous pourfendons les délocalisations qui risquent d’enrichir un peu, un tout petit peu, des pays qui sont à des années-lumières de nos vies d’enfants gâtés, quand il faut des mois de tergiversations et de discussions à la donnant-donnant et à la tire-moi les marrons du feu pour annuler la dette des pays pauvres, quand 500 000 malades du sida sur le continent africain ont accès aux traitements antirétroviraux sur les 4,7 millions qui en auraient besoin… J’ai honte quand la télévision montre la destruction massive de 29 000 contrefaçons saisies par la douane sous les yeux d’un ministre réjoui par cette violence et les regards envieux de téléspectateurs pauvres qui ne connaissent les originaux que derrière les remparts des vitrines. Leur distribuer aurait été un crime contre l’économie (en 2004, la douane a saisi 3,4 millions de contrefaçons qui auraient fait 3,4 millions de petits bonheurs). J’ai honte quand je reste scotché et prends plaisir devant des émissions malfaisantes à la Fogiel (On ne peut pas plaire à tout le monde) ou à la Schneidermann (Arrêt sur image), des jeux débiles, de la télé-réalité à deux sous, des abus de confiance médiatique à la Courbet, j’ai honte. Il y a tellement de hontes. La pire est notre propre incapacité à agir, ici et maintenant, pour échapper aux systèmes qui nous emprisonnent et font de chacun de nous le pire des hontoïdes.

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L
Bonjour,<br /> Sympathique votre site. Une bonne idée que celle du dictionnaire pour des articles courts, mais contenant du sens.<br />  Bon, l'article ci-dessus, c'est larticle d'indignation contre la misère du monde. Le problème est que les problèmes sont multiples. Et, que même dans les pays riches, la plupart d'entre nous ne se sentent pas riches et heureux. Donc, il faut voir. Ce monde est injuste, et c'est pour cela qu'il faudrait une vraie force politique agissant sur le monde, maisla tâche est complexe.<br />  Sinon, pourquoi vous incluez Arrêt sur Images de Daniel Schneidermann dans votre dénonciation de la télé trash et vide ? Parce que l'émission ne va pas assez loin dans sa dénonciation du mond epolitico-médiatique ?
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N
Merci de ton mail. Tu as raison, la vraie question est : alors que tant de personnes sont d’accord pour changer le monde, pourquoi n’y arrivons-nous pas ? Parce que nous sommes prisonniers des systèmes et que plus nous essayons d’en sortir, plus le système nous ramène dans sa logique. Les chercheurs de la « systémique » nous donneront-ils une réponse ? J’en doute. <br /> Je pense qu’un système s’effondre lorsque ses fondements s’effondrent. Quels étaient les fondement des systèmes communistes ? Les partis, et quand ils se sont effondrés le communisme aussi. Quel est le fondement de l’ordre mondial actuel (si on peut appeler ça un ordre) ? L’argent. Et lorsque le système monétaire et bancaire mondial s’effondrera, tout sera remis à zéro et tout sera possible, à condition que l’homme ne recommence pas à déconner. Quant à savoir comment accélérer cet effondrement, j’en sais rien, tout ce que je sais c’est que malgré les régulations, les garde-fous, et toute les précautions prises, ce système est beaucoup plus fragile que l’on croit.<br /> Quant à Schneidermann, pourquoi je l’inclus parmi les médiaticiens hontogènes ? Parce que je ne crois pas aux chevaliers blancs qui flagellent leurs confrères au nom d’une soit-disant morale médiatique. Ils ont trouvé une niche de marché et emploient les mêmes méthodes que leurs victimes, ce sont les pires. Parce que je n’aime pas ceux qui crachent dans la soupe d’un côté et qui de l’autre côté concoctent des chaudrons de mixture avec les mêmes ingrédients, dans la cuisine du « Monde ». Parce que quand un fouille-merde s’engraisse sur la bête en fouillant la merde médiatique, ça sent pas très bon pour le journalisme. Bref, j’ai honte de me régaler à regarder Arrêt sur image, mais je regarde, assidûment (c’est ça le pire !).  Tu as peut-être lu la définition de journalisme dans ce dico : profession que devraient exercer les journalistes.