Dictionnaire tendance avec tous les mots qui forgent la puissance de nos médias et l'impuissance de nos politiciens. Pour se défendre des idées reçues et du politiquement correct.
Par Nick LEPAF
1. LA ZONE. Banlieue dont la pauvreté des aménagements n’a d’égal que celle de ses habitants, les zonards. Une référence ! Citations. Qui est-ce qui viole les filles, le soir dans les parkings ? Qui met l'feu aux buildings ? C'est toujours les zonards. D’après Starmania (1977) et Nicolas Sarkozy (2006).
2. ZONES DE PLU. (Politique) Dans un PLU (Plan Local d’Urbanisme), on rencontre des tas de zones. La ZUP (Zone à Urbaniser en Priorité) : pour planifier et encadrer le développement urbain en réponse à la carence de logements. Bye bye les bidonvilles (400 en 1970, le dernier a disparu en 1976), bonjour les cités dortoirs ! La ZAC (Zone d’Aménagement Concerté) où les collectivités publiques et les promoteurs privés se concertent pour que les premiers payent les équipements (routes, assainissement, eau potable, écoles,..) qui sont indispensables aux seconds pour engranger des profits. La ZAD (Zone d’Aménagement Différé) : on verra plus tard, au fil des échéances électorales. La ZI (Zone Industrielle) : il n’est pas un maire, même de la plus petite ville de France, qui ne se batte pour avoir sa ZI. Il y coupera le ruban pour l’inauguration des bâtiments flambant neufs de la première PMI locale qui en a profité pour rafler toutes les subventions possibles et imaginables. Cinq ans après, elle a déposé le bilan et on attend toujours la seconde. Très tendance : la ZI pour l’innovation et la high-tech.
3. ZONES DE NON-DROIT. Quartiers difficiles, repères de jeunes, de gangsters et de trafiquants où les policiers hésitent à pénétrer de peur d’être provoqués, caillassés, agressés jusqu’à la bavure. Ces zones doivent impérativement être déracaillisées, même au karcher si nécessaire. Il y va de l’autorité de l’État ! Pour cela, l’État dans sa grande sagesse a zoné à mort : les ZFU (Zone Franche Urbaine) où les entreprises bénéficient de faveurs administratives et fiscales au nez et à la barbe des habitants du quartier qui n’y travaillent pas, les ZUS (Zone Urbaine Sensible) pire que le dentiste quand il s’acharne sur ton nerf, les ZRU (Zone de Redynamisation Urbaine) où tu vas à l’ANPE en courant tellement tu es dynamique. Attention, les zones de non-droit existent aussi en version internationale (Gantanamo), carcérale (les prisons), sociale (période d’essai du CNE), informatique (l’Internet libertaire),… Tiens, y a pas de version médiatique. Les médias seraient-ils une zone de droit ? Ça c’est un scoop !
4. ZONE D’EDUCATION PRIORITAIRE (ZEP). Zone où l’Education nationale concentre les moyens pour réduire la fracture culturelle. Vous vous doutez que ni Neuilly-sur-Seine, ni Saint-Nom-la-Bretèche, ni Marnes-la-Coquette n’y figurent. Les ZEP sont attirées par les ghettos, appellation générique des quartiers chauds, banlieues sensibles, cités difficiles et autres cache-racaille. Elles sont les amies des zones franches. Dans les ZEP, on trouve des ateliers d’écriture (non, non, c’est pas des emplois en usine), des clubs de lecture, l’école ouverte (même pendant les vacances, putain de ZEP !), l’école des parents (pour parents terribles), des accompagnements d’élèves par des étudiants de grandes écoles, des parrainages d’enfants méritants (rien à voir avec les parrainages républicains d’enfants de sans-papiers qui ne méritent rien), bref tout pour apprendre à lire le droit du travail (accessible en lecture seulement) et à écrire des tags et des CV. Si la fracture culturelle est aussi rapidement réduite que la fracture sociale, c’est pas demain que les zonards prendront le thé dans les salons du Ritz. Heureusement l’OZP (Observatoire des Zones Prioritaires) est là pour veiller et observer.
5. ZONE INONDABLE. Par application du principe de précaution, nombre de terrains construits où l’eau venait mouiller les pieds des maisons tous les vingt ans, sont devenus zones inondables (10 000 zones sont répertoriées en France). A noter que les flots de larmes des propriétaires en mal de vendre leur bien ajoutent encore au risque d’inondation.
6. ZONE DÉGROUPÉE. (Économique) Zone de résistance de France Télécom. C’est que le dégroupage total des lignes d’une zone géographique, obligatoire depuis 2001, ouvre le réseau des télécommunications à d’autres opérateurs. Et l’usager peut alors se passer de son opérateur historique et de ses coûts d’abonnement historiques. 1,2 millions de français l’ont déjà fait au 1er juin 2006. Vous comprenez pourquoi notre opérateur national freine historiquement ?
7. ZONE D’OMBRE. (Médiatique) Les médiaticiens éclairés insistent sur les zones d’ombre dans une affaire. Et plus l’affaire est sordide, plus leur plaisir est grand.
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