Dictionnaire tendance avec tous les mots qui forgent la puissance de nos médias et l'impuissance de nos politiciens. Pour se défendre des idées reçues et du politiquement correct.
Par Nick LEPAF
1. Signe servant à distinguer les produits ou les services d'une entreprise de ceux d'une autre entreprise. L’impitoyable lutte contre les contrefaçons (l’acheteur s’expose à la confiscation du bien et à une amende de trois fois sa valeur, honte à la loi !) exige que chaque citoyen connaisse tous les sigles, noms, logos… des 1 040 000 marques en vigueur sur le territoire français. Car nul n’est sensé ignorer les marques. Citation. Maman, c koi ces chooses de looser que tu m’as acheté. Sans marque ? mais c’est relou de chez relou. (commentaire de tête blonde à la rentrée des classes) ?
2. (Futurible) Pour que nul ne les ignore réellement, l’État va distribuer à chaque foyer un exemplaire des cent marques les plus contrefaites (3 cases à cocher dans votre déclaration d’impôt : textile-habillement, bagagerie, maroquinerie et accessoires, lunetterie, horlogerie, parfumerie, articles de sport, jeux et jouets). Pour une fois enfin, l’État va offrir des cadeaux et la contrefaçon créer des emplois dans l’industrie du luxe ! Attention, il s’agit d’une offre soumise à condition, avec obligation d’achat.
3. PAS DE MARQUE. (Médiatique) Expression refuge du médiaticien dès qu’un invité a prononcé le nom d’une marque. Alors, on parle du grand quotidien national du soir (Le Monde pardi !), d’une enseigne de la grande distribution originaire du Nord (Auchan),… Et quand le médiaticien est contraint et forcé d’avouer le nom de la marque, parce que la gymnastique des métaphores a ses limites, il ajoute dans la foulée : pour ne pas la citer (sic). La meilleure façon de s’autoriser une publicité clandestine, libre et gratuite, dans les médias, c’est d’avoir un nom de marque devenu langage courant (sortez vos Kleenex, Scotch, Post-it et Sopalin), de baptiser une marque avec un nom commun (salut les Président, Espace, Signal, Champion, Lotus) ou encore de devenir la coqueluche des politiciens (Mamouth à dégraisser, nettoyage des quartiers au Karcher…). Seul le petit monde des médias et du show-biz, pourtant très businessogène, a un droit de tirage gratuit et illimité pas du tout clandestin : la revue des titres de presse non floutée, la première de couv’ d’un nouveau magazine lancé sur le marché, le Yamaha rayonnant sur l’instrument de l’artiste, la sortie du dernier CD déjà dans les bacs de la star à écouter sans modération, le film qu’il ne faut pas rater, le bouquin du petit copain journaliste qui fait un malheur… sont montrés et annoncés à grand bruit médiatique. C’est pas de la pub mais de la culture. Mon œil ! Comme si business & profit ne veillaient pas derrière tout ça. La plus clandestine de toutes les publicités, à caractère permanent, jamais citée jamais poursuivie, concerne la mort : selon un sondage FLOP, 92% des informations diffusées dans tous les journaux d’information du monde font la promotion de la mort. Du jamais vu.
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